Agirc-Arrco : ce qui va changer pour les retraites complémentaires des salariés

26 mars 2018

Les régimes de retraite complémentaire du secteur privé vont fusionner l’an prochain. Un évènement qui va avoir des conséquences positives et négatives pour les cadres et les non-cadres.

Qu’ils soient cadres ou non cadres, les salariés du secteur privé vont disposer, à compter de l’année prochaine, d’un seul régime de retraite complémentaire. Le 1er janvier 2019, l'Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Arrco) et l'Association générale des institutions de retraite des cadres (Agirc) vont fusionner pour donner naissance à un régime complémentaire unique, baptisé… Agirc-Arrco.

Cette opération vise essentiellement à mutualiser les réserves financières des deux régimes et sauver, de cette manière, l'Agirc qui accuse un lourd déficit sous l’effet du vieillissement de la population et d’une politique d’acquisition des droits un peu trop généreuse par le passé. Comme souvent en matière de fusion, il y aura, pour les affiliés, des avantages et des inconvénients.

Les moins

Les partenaires sociaux, gestionnaires de l’Arrco et de l’Agirc, vont profiter de la fusion pour augmenter les cotisations de retraite complémentaire. Pour la tranche de salaire inférieure ou égale au plafond de la Sécurité sociale (3.311 euros bruts par mois en 2018), le taux de cotisation va passer de 7,75% à 7,87%. Au-delà du plafond de la Sécurité sociale (PSS), le taux va être porté de 20,25% pour les non-cadres ou de 20,55% pour les cadres à 21,59% pour tous les salariés.

Il n’y aura plus de garantie minimale de points (GMP) pour les cadres. Aujourd’hui, les cols blancs peu rémunérés peuvent, grâce à une cotisation forfaitaire, acquérir 120 points Agirc par an. La GMP sera supprimée à compter du 1er janvier 2019. Les droits acquis par les cadres seront, en revanche, préservés. Pour financer les pensions actuelles et à venir issues de la GMP jusqu'à leur extinction, une contribution d'équilibre général (CEG) de 2,15% sur la tranche 1 (de 0 à 1 PSS) et de 2,70% sur la tranche 2 (de 1 à 8 PSS) va être instaurée.

Des « malus » vont être mis en place pour les assurés nés à partir de 1957. Si ces derniers liquident leurs droits à l’âge légal de départ à la retraite (62 ans) en justifiant du nombre de trimestres de cotisation requis dans leur génération pour percevoir une pension de base complète, ils subiront une décote de 10% sur leurs pensions complémentaires durant trois ans. Cette minoration temporaire ne sera pas appliquée si le salarié décale son départ de 12 mois (à 63 ans).

Les plus

Des « bonus » vont être instaurés en parallèle. Les assurés nés à compter de 1957, qui disposeront de tous leurs trimestres, bénéficieront, pendant un an, d’une majoration de 10% de leurs pensions complémentaires s’ils partent à 64 ans, de 20% à 65 ans et de 30% à 66 ans.

Comme pour les régimes de retraite de base, les salariés vont pouvoir acheter des futurs points Agirc-Arrco au titre des années incomplètes de cotisation. Actuellement, les rachats de points à l’Arrco ou à l’Agirc sont possibles uniquement au titre des années d’études supérieures.

Les cadres, qui liquideront leurs retraites à partir du 1er janvier 2019, percevront une seule pension complémentaire. Aujourd’hui, les anciens cols blancs touchent une retraite Arrco et une retraite Agirc.

Le plafond de majorations familiales, un bonus de 5% sur les retraites complémentaires octroyé aux pères et aux mères de trois enfants et plus, va être doublé. Actuellement, il s’élève à 1.000 euros à l’Arrco et à 1.000 euros à l’Agirc. Il sera porté à 2.000 euros que le retraité soit cadre ou non.

La réversion sera aussi améliorée. Pour percevoir une part de la pension complémentaire que son époux ou épouse décédé(e) percevait de son vivant ou aurait dû toucher si il ou elle était parti(e) à la retraite, le conjoint survivant doit être âgé d’au moins 55 ans à l’Arrco et d’au moins 60 ans à l’Agirc. La pension complémentaire de réversion sera versée au veuf ou à la veuve dès ses 55 ans, y compris si le défunt était cadre.

« Cet article a été rédigé par Infomedia dans le cadre d’un programme d’information à destination des utilisateurs de LaFinBox. »

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