Bitcoin et autres crypto-monnaies : comment ça marche ?

14 décembre 2017

0,001 dollar en octobre 2009, 18 000 dollars le 11 décembre 2017, jour de son introduction à la Bourse mondiale de Chicago. Une valeur multipliée par plus de 18 au cours de l’année écoulée. Les chiffres du Bitcoin donnent le vertige. Si elle représente aujourd’hui 90% du marché, la première des crypto-monnaies (également appelées monnaies virtuelles) est loin d’être la seule. Ether, Ripple, Littecoin, Dash… on en compte désormais plusieurs milliers à travers le monde, pour une capitalisation boursière totale de plus de 300 milliards de dollars.

Une ambition : décentraliser la monnaie

Le principe à l’origine des crypto-monnaies ? A la manière d’Internet, qui décentralise la technologie de l’information, l’idée est de décentraliser la monnaie. Ces devises numériques – donc sans billet, ni pièce – se distinguent de nos monnaies traditionnelles par le fait qu’aucune institution financière standard n’émet, ne garantit, ni ne vérifie les transactions. Ce rôle est joué par les ordinateurs des détenteurs de la monnaie, au sein d’un vaste réseau peer-to-peer. Au cœur du fonctionnement des crypto-monnaies, on trouve la blockchain, la « chaîne de blocs ». Ce gigantesque livre comptable public conserve l’historique de chaque transaction. Il est conservé par l’ensemble des utilisateurs d’une devise, en ligne ou sur leur ordinateur. C’est cette technologie, et non plus la banque, qui permet de vérifier que chaque transaction est correcte : l’enregistrement par des millions d’ordinateurs des transactions passées assure la sûreté des opérations.

Un réseau transparent et anonyme

Bien que l’historique des détenteurs successifs d’une unité de monnaie virtuelle soit gardé en mémoire dans la blockchain, l’anonymat est - en principe - garanti : les possesseurs de devise sont identifiés par un pseudo et une adresse numérique, et non par leur nom. L’inscription sur une blockchain se veut aussi unique qu’un objet réel. La personne qui détient le compte peut en disposer à sa guise : il peut le transférer, le prêter, s’en servir comme garantie, le détruire… Il utilise pour cela son wallet, un portefeuille qui rassemble ses données (adresse où envoyer les devises, clé publique pour effectuer l’opération, clé privée pour en sécuriser l’accès, etc.). Les ordinateurs qui vérifient les transactions reçoivent généralement une petite quantité de monnaie en récompense du « travail » accompli. Le processus de réception des récompenses en échange de la vérification des transactions s’appelle « l’exploitation minière » (mining). C’est la principale source de création de monnaie.

Des cours qui s’envolent

Lié à aucun Etat, sous la responsabilité d’aucune banque centrale, le cours des crypto-monnaies résulte uniquement du rapport entre l’offre et la demande. C’est la raison qui explique la valeur exponentielle du Bitcoin, depuis son lancement en 2009 par Satoshi Nakamoto – un mystérieux informaticien au nom probablement aussi virtuel que sa création. Les règles du jeu ont été fixées dès le départ : il n’y aura jamais plus de 21 millions de Bitcoins créés. Aujourd’hui, plus de 16 millions sont d’ores et déjà en circulation. La médiatisation mondiale dont fait l’objet la reine des crypto-monnaies depuis un an a provoqué une très forte augmentation de la demande. De nombreux investisseurs sont désireux de bénéficier à leur tour de cette envolée, potentiellement illimitée. Si le Bitcoin domine le marché, les altcoins, c’est-à-dire les autres monnaies virtuelles, n’ont pas dit leur dernier mot. Certes, la plupart utilisent le même code que le Bitcoin et ne sont que des clones qui ne s’en distinguent qu’à la marge. Mais une nouvelle monnaie virtuelle pourrait parvenir à se distinguer parmi les innombrables nouveaux projets lancés au cours des derniers mois. Créé il y a deux ans, l’Ether, par exemple, a multiplié ses gains par 50 en 2017.

Que faire ?

Le doute est permis. Est-on en présence d’une bulle condamnée à éclater, d’une chaîne de Ponzi 2.0 ? Beaucoup en sont persuadés. Ils voient dans le Bitcoin un actif financier sans sous-jacent réel, très peu fiable, capable de s’effondrer du jour au lendemain. D’autres, au contraire, estiment que le Bitcoin et la technologie blockchain qui le porte n’en sont qu’au début de leur histoire et que la devise pourrait, à moyen terme, être valorisée à plus d’un million de dollars… Toute prévision est, en réalité, impossible. Les méthodologies habituelles, élaborées sur les fondamentaux économiques, sont inapplicables. Au bout du compte, avec un tel produit, le bon sens recommande une chose : n’investir que ce qu’on est prêt à perdre.

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