La cleantech française: un éco-système plein de promesses

17 janvier 2018

Inévitable à terme, le renoncement aux énergies fossiles est un appel à l’innovation. Un défi immense auquel des milliers de grands groupes et de startups s’attaquent à travers le monde. Dans le sillage de la Cop 21, les entreprises françaises de cleantech ont les cartes en main pour jouer les premiers rôles.

Un nouveau monde à inventer

Cleantech ? Le mot est l’abréviation de « clean technlogy » : en bon français, les technologies « vertes » ou « propres ». Il s’agit des techniques et services industriels qui ont pour objectif d’améliorer l’efficacité et la productivité, grâce aux ressources naturelles, à l’eau, aux matières premières... Le Cleantech Group répertorie les technologies propres en douze catégories : agriculture, air et environnement, biofuels et biomatériaux, efficacité énergétique, biomatériaux, stockage de l’énergie, recyclage, smart grid, solaire, transport, eau et éolien.

Immense, le potentiel de croissance est régulièrement réévalué à la hausse. Un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit ainsi un bond de 42% des capacité d’installations renouvelables au niveau mondial d’ici 2022. Les énergies propres devraient représenter 29% des capacités mondiales totales de production d'électricité dans les cinq prochaines années.

En France, les voyants sont au vert

La France dispose des atouts pour jouer un rôle majeur dans cette révolution verte. A commencer par un cadre législatif favorable aux entreprises de cleantech. Sous l’effet notamment de la Présidence française de la Cop 21, la règlementation française est à l’avant-garde européenne. La loi énergétique pour la croissance verte a ainsi formalisé en 2015 plusieurs engagements forts : une part de 32% d’énergies renouvelables en 2030, la simplification des autorisations de construction des parcs éoliens et photovoltaïques, la possibilité ouverte aux collectivités d’appuyer des projets verts, la réduction de moitié de la quantité des déchets mis en décharge d’ici 2025, etc.

Parallèlement, de grands acteurs publics (s’)investissent. C’est le cas de la Caisse des Dépôts et Consignations (15 milliards d’euros débloqués pour la transition énergétique en 2014-2017), de BpiFrance (1,5 milliard d’euros mobilisés à destination de 1600 éco-entreprises), mais aussi de l’Etat (émission-record de 7 milliards d’euros d’obligations vertes souveraines).

Cette dynamique de fond est également soutenue par plusieurs institutions. Tel Cleantech Open France, le plus important programme d’accompagnement des jeunes entreprises françaises du secteur. Au cœur d’un réseau de 600 startups et plus de 60 partenaires, la structure identifie les meilleures startups, les accompagne opérationnellement et les fait participer à des événements de dimension mondiale. Le programme compte parmi ses premiers lauréats des succès aussi importants que BlaBlaCar ou Actility. En décembre dernier, Cleantech Open France était ainsi partenaire du One Planet Summit, organisé à la station F., dans le cadre duquel une trentaine de startups ont présenté des solutions écologiques innovantes.

Autre exemple : le prix Innov’éco, qui se présente comme le « carrefour clean tech de l’innovation ». Le dispositif récompense plusieurs fois par an des projets et met à la disposition des startups participantes un espace pour nouer de contacts et échanger sur leurs pratiques.

Glowee, un exemple de cleantech… lumineuse

Ces efforts commencent à payer. Alors que la France occupe par exemple la première place en Europe pour la vente de véhicules électriques, l’inventivité des startups se traduit par des premiers succès significatifs.

Des aventures étonnantes se multiplient, à l’image de Glowee. Pour cette jeune startup, tout a débuté en 2013, quand plusieurs étudiants de l’école de design Strate tombent sur un documentaire qui leur donne une idée un peu folle : et s’il était possible de produire de la lumière en utilisant les propriétés bioluminescentes d’espèces marines comme le calamar ? Le projet est développé avec une équipe de l’école Sup’Biotech. Glowee a conçu depuis plusieurs contenants (gel ou liquide) qui pourront être commercialisés, à terme, pour illuminer des vitrines, du mobilier urbain ou de la signalétique. Dirigée par Sarah Rey, la startup compte aujourd’hui 15 salariés. Son inventivité a été récompensé par plusieurs prix, tels que sa sélection par la MIT Technologie Review parmi les innovateurs de moins de 35 ans les plus prometteurs du monde. L’aventure ne fait que commencer.

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