Épargne : les placements en fonction de l’âge

25 novembre 2016

Pour faire fructifier au mieux ses économies, il existe une multitude de produits financiers, adaptés aux différentes étapes de la vie.

Les projets et les besoins financiers ne sont pas les mêmes à 20 ans ou à 50 ans. Financer ses études, se constituer un capital en vue d’une acquisition immobilière ou préparer sa retraite nécessite des efforts d’épargne différents. C’est pourquoi il est important d’adapter ses placements au fil du temps. Sans compter qu’il existe des conditions d’âge minimum pour la souscription des produits financiers.

Le Livret A à partir de 0 ans

Le livret d’épargne réglementée fait partie, avec l’assurance vie, des rares placements qui peuvent être souscrits au nom d’une personne mineure. Il peut être judicieux d’ouvrir un Livret A à la naissance d’un enfant. Les enveloppes d’argent offertes à Noël ou aux anniversaires par les grands-parents ou les oncles et tantes peuvent y être utilement placées, sachant que le capital et les intérêts annuels sont garantis et que le taux de rémunération est obligatoirement supérieur à l’inflation.

Les parents peuvent également mettre en place des virements automatiques réguliers vers le Livret A de leur chérubin pour qu’il se constitue un pécule, bienvenu à leur majorité. A partir de 16 ans, l’enfant peut effectuer des retraits, sauf opposition du représentant légal. Si la rémunération fixée par le gouvernement est faible (0,75% depuis le 1er août 2015), les intérêts annuels sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux (CSG, CRDS…).

Seuls inconvénients : il n’est possible de détenir qu’un seul Livret A par personne et les sommes versées ne peuvent excéder, au total, 22.950 euros (hors intérêts cumulés). A tous les âges, le livret défiscalisé constitue un bon matelas financier pour faire face à des dépenses imprévues (achat d’une voiture, travaux de rénovation…), puisque les retraits sont possibles à tout moment.

L’assurance vie à partir de 10 ans

Comme vu précédemment, des parents peuvent ouvrir un contrat d’assurance vie au bénéfice de leur enfant. La souscription est pertinente à compter de l’âge de 10 ans pour profiter pleinement des avantages fiscaux à la majorité. En effet, à partir de 8 ans de détention, les gains (intérêts annuels du fonds en euros et/ou plus-values générées par les unités de compte) issus des rachats sont imposés seulement au-delà de 4.600 euros par an pour une personne seule et de 9.200 euros par an pour un couple marié ou pacsé déclarant en commun leurs revenus au fisc.

Ainsi, les retraits réalisés à partir de 18 ans par l’assuré ne seront pas taxés dans la limite de l’abattement annuel. En revanche, quel que soit l’âge de souscription, les gains seront assujettis aux prélèvements sociaux à 15,5%. D’une manière générale, il est intéressant de souscrire un contrat tôt afin de bénéficier de l’antériorité fiscale, quitte à ne pas l’alimenter pendant des années.

N’étant pas plafonnée, ni limitée (on peut détenir autant de contrats que l’on souhaite), l’assurance vie représente un bon moyen de son constituer un capital qui servira d’apport financier dans le cadre de l’acquisition de la résidence principale. Pour compenser la baisse de revenu à la retraite, il peut être opportun de mettre en place des rachats programmés à compter du départ de la vie active.

A un âge avancé de la vie, l’assurance vie représente également une bonne solution pour préparer sa succession. La clause bénéficiaire intégrée dans les contrats permet de désigner les personnes de son choix (sans forcément de lien de parenté) qui recevront les fonds après son décès. En outre, les capitaux n’entrent pas dans l’actif successoral et ne supportent pas, à ce titre, de frais de succession. Enfin, les primes, à condition d’avoir été versées avant les 70 ans de l’assuré, sont taxées uniquement au-delà de 152.500 euros par bénéficiaire désigné.

Le Livret Jeune à partir de 12 ans

A compter de l’âge de 12 ans, on peut souscrire un Livret Jeune. Ses règles sont alignées sur celles du Livret A à la différence notable que sa rémunération, établie par chaque banque, doit être au moins égale au taux du Livret A et est, dans les faits, généralement supérieure. A partir de 26 ans, le Livret Jeune est transformé en compte bancaire non rémunéré. Autre point noir : le plafond du Livret Jeune se situe à 1.600 euros seulement.

Le PEL à partir de 25 ans

Le plan d’épargne logement (PEL) est destiné à aider les primo-accédants. Il permet, sous certaines conditions, de bénéficier d’un prêt immobilier à un taux privilégié et d’une prime de l’Etat pour l’achat d’une résidence principale ou pour le financement de gros travaux pour son habitation.

Le montant et la durée du prêt dépendent des intérêts acquis en phase d’épargne. Le plan est plafonné à 61.200 euros. Le montant maximum du prêt possible s’élève à 92.200 euros. Comme les versements sur le PEL sont obligatoires et ne peuvent être inférieurs à 540 euros par an, il vaut mieux que le titulaire du plan dispose de revenus réguliers. C’est pourquoi, il semble préférable d’ouvrir un PEL, une fois la situation professionnelle stabilisée, soit aux environs de 25 ans.

A contrario, il ne faut pas trop tarder pour ouvrir un plan, sachant que tout retrait avant quatre ans de détention entraîne la clôture du PEL et qu’il faut avoir cumulé assez d’épargne pour que les conditions du prêt deviennent intéressantes.

La rémunération des PEL ouverts à compter du 1er août 2016 a été abaissée à 1%. Les intérêts annuels sont assujettis aux prélèvements sociaux à 15,5%. A l’image du Livret A et du Livret Jeune, on ne peut souscrire qu’un seul PEL par personne.

Le Perp à partir de 40 ans

Le plan d’épargne retraite populaire (Perp) permet de percevoir à la retraite des rentes viagères (servies jusqu’au décès) qui viendront utilement compléter les pensions de base et complémentaires obligatoires. Comme tous les produits d’épargne retraite, les fonds sont bloqués, sauf cas exceptionnels (décès, invalidité, surendettement, fin des allocations chômage…), jusqu’au départ de la vie active. Dans ces conditions, le Perp doit s’ajouter à des placements « liquides », tels le Livret A et l’assurance vie, permettant des retraits à tout moment.

Il est conseillé de souscrire un plan à partir de 40 ans. Pour toucher 1.000 euros de rente mensuelle à la retraite, il faut en effet avoir capitalisé au moins 300.000 euros dans un Perp. Pour lisser l’effort d’épargne dans le temps, il vaut mieux effectuer des versements tôt et de manière régulière. Sans compter que si les cotisations sont versées régulièrement durant au moins 15 ans, la valeur de rachat du Perp n’est pas comptabilisée dans la base taxable à l’impôt de solidarité à sur la fortune (ISF).

En outre, le Perp offre d’importantes déductions fiscales dont il serait dommage de ne pas profiter a fortiori si l’on paye beaucoup d’impôts. Les cotisations peuvent être déduites des revenus à déclarer à l’administration fiscale à hauteur de 10% des revenus professionnels dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass) de l’année précédente. Pour la déclaration 2017 portant sur les revenus de 2016, il sera possible de déduire ainsi jusqu’à 30.432 euros.

Mieux : si cette enveloppe n’est pas entièrement exploitée, le reliquat peut être utilisé les trois années suivantes. Quant aux couples déclarant ensemble leurs revenus, non seulement les déductions fiscales sont doublées (soit jusqu’à 60.864 euros pour 2016), mais elles ont mutualisées : si l’un des membres du couple ne consomme pas totalement son enveloppe, l’autre peut profiter du solde.

« Cet article a été rédigé par ToutSurMesFinances.com dans le cadre d’un programme d’information à destination des utilisateurs de LaFinbox. »

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