Investir à 55 ans

16 août 2017

Ce n’est pas parce que l’on a dépassé la cinquantaine qu’il n’est plus possible d’épargner. Non seulement il reste une dizaine d’années d’activité professionnelle, mais il est encore temps de se constituer un bon pécule.

Passé la moitié du siècle, il ne serait plus possible de décrocher un crédit immobilier. Moins de 10 ans avant de quitter la vie active, il serait trop tard pour préparer sa retraite. En réalité, s’il est vrai qu’il vaut mieux commencer à mettre de côté tôt pour lisser son effort d’épargne dans le temps, les seniors peuvent (heureusement) thésauriser de plusieurs manières.

L’assurance vie

Souscrire un contrat d’assurance vie à 55 ans constitue un bon calcul fiscal. Au bout de huit ans de détention (c’est-à-dire au moment du départ à la retraite), les intérêts annuels du fonds en euros et les plus-values des unités de compte (UC) bénéficient d’un abattement annuel de 4.600 euros pour les personnes seules et de 9.200 euros pour les couples mariés ou pacsés déclarant leurs revenus en commun.

En outre, toujours après huit ans, la fraction restante des gains peut soit être intégrée aux revenus à déclarer au fisc, soit se voir appliquer un prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de seulement 7,5%. En ouvrant un contrat à 55 ans, le souscripteur peut ainsi programmer des rachats partiels pas ou peu imposés à compter de 63 ans. Ces revenus réguliers pourront venir utilement compléter les futures pensions de base et complémentaires obligatoires.

Par ailleurs, il faut savoir que l’assurance vie n’est pas plafonnée contrairement au Livret A (22.950 euros) ou au PEA (150.000 euros). Cette caractéristique peut être utile en cas d’héritage, un événement qui survient généralement autour de la soixantaine. Par ailleurs, les capitaux transmis au décès du souscripteur aux bénéficiaires qu’il a désignés de son vivant ne sont pas taxés à hauteur de 152.500 euros. Or, cet avantage s’applique uniquement aux primes versées avant les 70 ans de l’assuré…

S’il apparaît donc judicieux d’ouvrir une assurance vie à 55 ans, mieux vaut ne pas prendre trop de risques à cet âge. Le souscripteur dispose en effet de moins de temps pour compenser les éventuelles moins-values. Dans le cadre d’un contrat multisupports, les seniors sont souvent invités à opter pour une stratégie prudente d’investissement avec des actifs alloués à 80% dans le fonds euros garanti mais peu rémunérateur et à 20% dans des UC potentiellement plus performantes mais non sécurisées.

L’investissement locatif

A 55 ans, il est courant de ne plus avoir de mensualités de remboursement de crédit à honorer pour sa résidence principale. Raison de plus pour contracter un nouvel emprunt et profiter ainsi du faible niveau actuel des taux d’intérêt. Mieux : en étant déjà pleinement propriétaire, il est souvent plus facile de négocier de bonnes conditions de prêt car le premier bien sert de caution pour le second.

Ainsi, contrairement aux idées reçues, les banques prêtent assez facilement aux seniors. Seul impératif : le crédit excède rarement les 15 ans compte tenu de l’âge avancé des emprunteurs. Les risques de maladie et de mortalité étant plus importants à 55 ans, des surprimes peuvent également être appliquées sur l’assurance couvrant le prêt.

Il n’empêche, cette faculté de crédit retrouvée peut servir à investir dans l’immobilier locatif. Grâce au dispositif « Pinel », il est possible de déduire de ses revenus 12% de la valeur du logement (dans la limite de 300.000 euros) à condition de le louer durant six ans.

A 61 ans, l’investisseur peut ainsi occuper le bien libéré (et vendre sa résidence principale devenue trop grande avec le départ des enfants), le céder, le donner à un enfant (et réduire de cette manière les futurs frais de succession) ou percevoir un complément de revenu à la retraite grâce aux loyers. Dans tous les cas, l’opération est intéressante d’autant qu’elle a auparavant donné lieu à des réductions d’impôt.

L’épargne retraite

A contrario des préjugés, il n’y a pas d’âge pour souscrire un produit proposant le versement de rentes viagères (c’est-à-dire servies jusqu’au décès) à compter du départ à la retraite. Les retraités sont même autorisés à ouvrir un plan d’épargne retraite populaire (Perp). Certes, il est conseillé de se doter de ce type de placement plutôt autour de 40 ans, sachant qu’il faut au moins 300.000 euros de capital pour générer 1.000 euros de rentes mensuelles.

En fait, plus que la sortie en rente, la souscription à 55 ans d’un produit d’épargne retraite doit plutôt être réalisée dans une optique fiscale. Les cotisations peuvent en effet être déduites des revenus à déclarer. Et les plafonds de déduction sont élevés. Pour les cotisations versées en 2017, l’avantage fiscal s’élève à 30.892 euros pour les Perp et même à 72.572 euros pour les contrats de retraite Madelin réservés aux travailleurs non-salariés (artisans, commerçants, chefs d’entreprise, professions libérales).

« Cet article a été rédigé par ToutSurMesFinances.com dans le cadre d’un programme d’information à destination des utilisateurs de LaFinBox. »  

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