Santé, éducation : et si le Big Data changeait nos vies ?

23 novembre 2017

Environ 2,5 trillions d’octets de données sont générés tous les jours dans le monde : les messages que nous publions, les vidéos que nous partageons, les informations climatiques que nos consultons, les enregistrements de nos transactions en ligne ; des nouveaux  comportements  qui produisent toujours plus de données.

Les acteurs les plus classiques de l’économie sont en pleine prise de conscience de ce que l’exploitation de ces données peut leur apporter : prendre de meilleures décisions, ou encore créer de nouveaux services qui correspondent mieux à la demande de leurs clients. Par exemple, une entreprise comme Netflix s’est appuyée récemment sur les données qu’elle avait collecté sur ses abonnés pour produire la série House of Cards, qui est un de ses grands succès.

Mais les enjeux de l’exploitation de ces données ne sont pas seulement économiques. La numérisation de l’éducation et des données médicales ouvre des perspectives radicalement nouvelles, et parfois vitales !

Éducation : l’innovation arrive des USA

Grâce à la numérisation du secteur éducatif, les écoles produisent aujourd’hui beaucoup de données et le big data peut donner une vue d’ensemble d’un établissement à ses dirigeants. Aux Etats-Unis, Eduvant est un outil permettant d’estimer les performances d’une école par rapport aux objectifs fixés au préalable, qu’ils concernent les résultats académiques ou le niveau de discipline. Pour illustrer sa promesse, Eduvant prend pour exemple la façon dont il a aidé à résoudre un problème de discipline. Pour un de leur client, les données collectées ont  permis de constater dans un établissement que la recrudescence de tels problèmes était proportionnelle à la diminution des sorties et autres voyages scolaires. En organisant de nouveau ce type d’activités, l’établissement est parvenu à réduire drastiquement le nombre d’étudiants envoyés dans le bureau du principal.

Plus important encore, elle peut permettre d’améliorer le suivi scolaire en examinant le ressenti des étudiants au cours de leur cursus. Un élève à problème, qui ne progresse pas assez, ou un enseignant critiqué par de nombreux étudiants peuvent être détectés et contactés par l’administration.

Par ailleurs, de nouveaux outils permettent à présent de lutter contre la triche et le plagiat.  Un logiciel utilise la reconnaissance faciale pour s’assurer que le bon étudiant est assis à la bonne table, et traque le mouvement des yeux pour éviter toute tentative de triche. Il surveille l’activité de l’ordinateur pour s’assurer qu’aucune source non autorisée n’est consultée. Le comportement global de l’étudiant est analysé en temps réel et comparé avec des profils types et des attitudes de tricheurs. On s’en doute, la réticence pour déployer ce type d’outils est le côté intrusif du procédé.

Le big data transformerait aussi l’enseignement supérieur : possibilité de suivre de plus en plus de cours en ligne, d’annoter des remarques à destination des enseignants...

Médecine : des bénéfices déjà bien appréhendés

La médecine est un des champs qui va sans nul doute être le plus bouleversé par le big data. L’histoire médicale de chaque personne, enrichi des données collectées par les objets connectés des patients, accessible au médecin via un futur dossier médical informatisé, rassemblera énormément d’informations. Par exemple, Kaiser Permanente a créé un programme intitulé HealthConnect, dont le but est de regrouper tous les rapports et enregistrements de santé au sein d’un même système. Ce programme a déjà permis de réduire les dépenses globales de santé de 1 milliard de dollars.

A nouveau, au-delà des bénéfices économiques, l’objectif est de dresser un portrait complet et compréhensible d’un patient en tant qu’individu, afin de lui offrir des soins personnalisés et améliorer sa santé. En traitement de cancers, l’analyse de données a permis de se rendre compte que certains médicaments pris par hasard par certains patients pour d’autres problèmes que le cancer, amélioraient les résultats de la chimiothérapie.

Une fois anonymisées, ces informations pourront être exploitées par la recherche, mais aussi croisées avec toutes sortes de données économiques, sociales et environnementales. Par exemple, on pourra  croiser les données médicales rendues anonymes avec le taux de pollution d’un quartier. La recherche s’est emparée de cette nouvelle matière et commence à compiler ces informations au sein de bases de données qui pourraient changer la compréhension du rapport entre mode de vie, environnement et maladie.

En médecine comme dans l’éducation, des réticences devront être surmonter : protéger la confidentialité des données médicales de chacun, rassurer les parents. Cependant, des usages expérimentaux ont déjà fourni des exemples d’avancées permises par le big data. Le progrès est déjà en marche.

Téléchargez LaFinBox pour Android, disponible sur le Google Play Store.

Téléchargez LaFinBox pour iPhone/iPad, disponible sur l'App Store.

 

Vous avez aimé cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :